Bonjour,

J’espère que vous vous portez tous bien.

Voici quelques suggestions de films / série à visionner cette semaine.

Pas de coup de cœurs formels cette semaine, sinon il y en aurait trop dans cette catégorie…

Sur Amazon Prime Video :

La Cité de Dieu (2003) de Kátia Lund & Fernando Meirelles - ★★★★½

Le film retrace l’évolution de La Cité de Dieu, quartier violent de Rio de Janeiro, sur une période allant de la fin des années 1960 au milieu des années 1970. Le personnage principal (et narrateur) est issu de ce quartier et veut devenir photographe. À la fois acteur et spectateur des événements, il témoigne ainsi de l'évolution de ce quartier, notamment en ce qui concerne les gangs, l'armement, la drogue et ses amis d'enfance qui ne suivent pas la même voie que lui.

Véritable choc lors de sa découverte, ce film vaut autant pour ses personnages que sa forme splendide.

Il offre un panorama de la vie quotidienne dans les favelas de Rio, entre violence crue, trafics en tous genre et amours, le tout porté par une bande-son mémorable.

Comme vous vous en doutez, les âmes sensibles peuvent passer leur chemin…

NB : après son succès, le film connut une série dérivée au début des années 2000 (“La Cité des Hommes”), un film éponyme sorti chez nous en 2008, puis une véritable suite (“La Cité de Dieu : La Lutte Continue”) diffusée en 2024 sur HBO MAX mais que je n’ai pas encore pris le temps de visionner.

Sur Ciné+ OCS :

Jeux Dangereux : To Be Or Not To Be (1942) de Ernst Lubitsch - ★★★★½

Pendant l'occupation nazie de la Pologne, une troupe d'acteurs doit déjouer l'attention des nazis et arrêter un espion allemand avant qu'il ne divulgue une liste des membres de la résistance polonaise.

C’est une véritable merveille comique signée Lubitsch et à ne surtout pas manquer si vous ne le connaissez pas.

Je suis toujours ébahi par certains films très en avance sur leur temps, présentant des situations dont le grand public n’a pas encore eu connaissance, comme l’existence des camps de concentration en 1940 dans “Le Dictateur”, ou en l’occurrence les agissements de la gestapo en Pologne pour un film de 1942.

J’ai Épousé une Ombre (1983) de Robin Davis - ★★★½

Hélène est abandonnée par Franck alors qu'elle est enceinte de huit mois. Elle décide alors de rejoindre le sud et part en train, où elle rencontre un couple, Bertrand et Patricia, cette dernière lui ressemblant étrangement. Survient alors un accident de train où le couple meurt. Hélène prend alors la place de Patricia dans la belle-famille de cette dernière, sans rien dire.

Cette histoire d’usurpation d’identité est parfaitement menée, sans manichéisme de la part de l’usurpatrice et avec une incroyable bienveillance de la part de la famille l’accueillant.

Au-delà de ce scénario certes classique mais prenant, c’est le casting qui séduit le plus, entre les parents propriétaires du domaine vinicole qui habitent totalement leur rôle, une toute jeune Victoria Abril en mode sauvageonne, un Richard Bohringer animal et détestable et une Nathalie Baye désarmante de naturel.

Sur Arte.TV jusqu’au 19 mai :

Network (1976) de Sidney Lumet - ★★★★½

Apprenant qu’il va être licencié, un présentateur télé sur le déclin annonce en direct sa volonté de se suicider… et bat tous les records d’audience.

C’est un drame cynique et visionnaire sur l’industrie de la télévision, où la course à l’audience fait exploser toutes les barrières morales et légales.

Imaginez un digne présentateur de journal télévisé qui perd la tête en direct, puis qui se mue peu à peu en messie des ondes, prêt à mettre en mouvement sa base de dizaines de millions de fidèles téléspectateurs à l’encontre d’une décision qui ne lui convient pas.

Face à lui, Sidney Lumet décrit les têtes pensantes de cette chaine fictive, d’abord effarées par les évènements, puis complices actifs compte-tenu des chiffres d’audience qui explosent.

A ce titre Faye Dunaway incarne une directrice des programmes sans foi ni loi, capable de toutes les bassesses pour s’assurer le succès. William Holden représente le compas moral se faisant rapidement submerger.

Les dialogues sont brillants, certains sonnant tellement justes pour notre époque où certaines chaines d’information ont perdu toute objectivité.

En parallèle, le temps de quelques scènes le scénario dresse le portrait d’un couple qui se délite, ce n’est certes pas original mais cela n’en reste pas moins passionnant et touchant.

Une courte scène de négociation contractuelle extrême m’a paru hilarante, j’espère qu’elle aura autant d’impact pour mes collègues juristes.

Sur HBO MAX :

Primal (2019-) de Genndy Tartakovsky - ★★★★
3 saisons de 10 épisodes de 22 min

L'amitié improbable entre un homme des cavernes à l'aube de l'évolution et un dinosaure dont l'espèce est sur le point de s'éteindre. Les deux s'unissent pour leur survie dans un monde primaire et violent.

Le créateur Genndy Tartakovsky (“Samurai Jack” ou la première version de “Star Wars: Clone Wars”) nous plonge dans l’univers d’un homme préhistorique vivant parmi les dinosaures.

C’est quasiment muet tout du long, toute la narration passe donc par la puissance visuelle, et s’avère in fine totalement remarquable !

Nos deux héros ne savent pas parler mais ils n’en demeurent pas moins intelligents et forment un duo mémorable.

Les diverses rencontres belliqueuses donnent lieu à des affrontements d’une rare violence et souvent très gores, la lance de notre bonhomme ou les dents de notre dinosaure étant des outils aiguisés (j’ai visionné la série avec mon fils alors qu’il avait 12 ans : il a adoré, mais sachez ajuster cet avis à la sensibilité de votre enfant).

Si la seconde partie de la S1 vire vers le fantastique et se montre encore plus enthousiasmante, la S2 enfonce le clou avec un scénario bien plus varié, des dangers plus intenses et l’apparition de conflits moraux face à ce déluge de violence.

Quant à la S3 diffusée ces derniers mois, c’est la moins facile d’accès compte-tenu des évènements se déroulant à la fin de la seconde. Elle exploite donc son concept avec un jusqu’au-boutisme assez rare pour le noter, on est un bon cran derrière l’aspect jouissif des deux premières saisons, mais le scénario arrive à retomber in fine sur ses pattes.

Sur Paramount+ :

Whiplash (2014) de Damien Chazelle - ★★★★

Ambitieux et perfectionniste, Andrew, 19 ans, rêve de devenir le meilleur batteur de jazz de sa génération. Élève au conservatoire de Manhattan, il serait prêt à tout donner, comme beaucoup de ses camarades, pour intégrer le cours d'orchestre de Terence Fletcher, professeur tyrannique célèbre pour son amour de la perfection musicale. Par chance, lors d'une répétition, Fletcher remarque Andrew et son talent encore brut.

Premier long métrage de Damien Chazelle (“La La Land”), c’est une baffe complète sur les relations venimeuses entre un professeur et son élève doué.

Le casting, l’interprétation et le montage sont incroyables, un film intense à ne pas manquer.

Sur Netflix :

Le Sens de la Fête (2017) de Olivier Nakache & Eric Toledano - ★★★½

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd'hui c'est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus. Comme d'habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l'orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie... Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d'émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos.

Alors que leur dernier long-métrage semble rencontrer un large public dans les salles, le duo Nakache-Toledano nous avait encore offert en 2017 une comédie française de qualité, une espèce très rare dans notre paysage cinématographique.

Si le film se déroule de façon chorale, Jean-Pierre Bacri garde tout de même un rôle prépondérant, et il s’y montre exceptionnel.

Godzilla Minus One (2023) de Takashi Yamazaki - ★★★

Le Japon se remet à grand peine de la Seconde Guerre mondiale qu’un péril gigantesque émerge au large de Tokyo. Koichi, un kamikaze déserteur traumatisé par sa première confrontation avec Godzilla, voit là l’occasion de racheter sa conduite pendant la guerre.

Produit par la Toho afin de célébrer les 70 ans du célèbre kaijū, il revient aux origines du mythe en proposant un blockbuster très sympathique mais hélas très déséquilibré au niveau du rythme : sur les deux premiers tiers les apparitions de Godzilla sont rares et on assiste plus à un drame intimiste dans le Japon détruit par la guerre qu’à un véritable film d’action.

Heureusement pour le spectateur fatigué que j’étais, le dernier tiers s’avère très réussi voire même émouvant, tout en évitant la grandiloquence qui pourrait plomber cette émotion.

Les effets numériques et le design de Godzilla sont épatants (justement couronnés par l’Oscar des meilleurs effets spéciaux), et semblent avoir maximisé le budget qui leur est alloué.

In fine, pas le home-run annoncé mais le film vaut largement le coup d’œil pour les amateurs du genre.

NB : j’avais emmené mon fils de 11 ans qui a aussi beaucoup aimé, même s’il a eu des remontrances similaires sur le calme plat du second tiers.

NB2 : Netflix propose également la version de ce film en noir et blanc (“Minus Color”).

Profitez bien de cette sélection et de la période des vacances de printemps, retour aux alentours du 4 mai !

Bonne journée,

Matthieu.

PS : si vous désirez que je vous retire de la liste de cet email, n’hésitez pas à me l’indiquer (il y a même un lien direct ci-dessous).

PS² : n’hésitez pas à me donner votre avis si vous avez apprécié un titre suggéré (ou si vous l’avez détesté !).

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