Bonjour,
J’espère que vous vous portez tous bien.
Voici quelques suggestions de films / documentaire à visionner cette semaine.
LES 4 COUPS DE CŒUR DE LA SEMAINE :
Sur Paramount+ :

Incendies (2011) de Denis Villeneuve - ★★★★½
À la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon se voient remettre deux enveloppes : l'une destinée à un père qu'ils croyaient mort, l'autre à un frère dont ils ignoraient l'existence. Jeanne voit dans ce legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un mutisme inexpliqué les semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen-Orient exhumer le passé de sa famille.
La vie d’une femme sur fond de guerre d’un pays qui n’est jamais explicitement cité (même si tout évoque le Liban), découverte peu à peu par ses enfants qui mènent l’enquête.
Le résultat est totalement passionnant, sa terrassante conclusion m’a profondément marqué et restera à jamais gravée dans ma mémoire de cinéphile.
Si Denis Villeneuve est devenu très rapidement l’un des réalisateurs favoris des jeunes cinéphiles, son “Incendies” reste à date celui que je préfère .

L'Origine Du Monde (2021) de Laurent Lafitte - ★★★★
Un jour, sans crier gare, le cœur de Jean-Louis s'arrête de battre. Jean-Louis devrait être mort mais il parle, marche, vit sa vie comme si de rien n'était. Affolé, il demande son avis à Michel, son ami vétérinaire qui bien sûr ne parvient pas à expliquer ce phénomène étrange. Valérie, son épouse, n'est d'aucune aide. Désespéré, le couple tente de trouver des réponses auprès de Margaux, la coach de vie de Valérie, un peu guérisseuse et en lien avec les forces occultes.
En consultant la fiche Allociné de ce film, j’ai découvert la moyenne que lui ont octroyé les spectateurs, et cela ne m’a pas trop étonné vu l’aspect très déjanté et extrême de cette comédie.
Mon conseil est donc de ne pas tenter de le lancer en famille si vous ne voulez pas avoir de surprise ! 😁
Je l’ai récemment revu et l’ai réévalué à la hausse, son interprétation est absolument millimétrée et son dernier tiers est littéralement hilarant !
Sur la VOD d’ORANGE :

The Wicker Man (1974) de Robin Hardy - ★★★★
Le sergent de police Neil Howie se rend à Summerisle, une île éloignée d’un archipel écossais, pour enquêter sur la disparition d'une jeune fille à propos de laquelle il a reçu une lettre anonyme. Howie, chrétien dévot, est troublé de voir les habitants de l'île rendre hommage aux dieux païens celtes.
J’ai une sainte horreur de l’expression “film culte” qu’on nous ressert à longueur d’articles pour évoquer un film ayant eu un succès à travers les âges.
Reste qu’en l’espèce, cette expression pourrait correctement s’appliquer à ce “The Wicker Man” tant son aura et son influence se sont amplifiées à travers les décennies.
Il faut savoir que le montage initial de ce film fut massacré à sa sortie en 1973, et que ce n’est qu’en 2001 que paru enfin une version Director’s Cut en DVD, complétée par un “Final Cut” en 2013.
C’est l’un des piliers du “Folk Horror”, genre de film d’horreur basé sur des éléments d’un folklore déterminé, dont “Midsommar” ou la mini-série “The Third Day” sont des exemples récents.
Si “The Wicker Man” n’est pas à proprement parler un film d’horreur, le climat dans lequel l’inspecteur mène son enquête est franchement angoissant, et le jeu de pistes pour dénouer la clé de l’intrigue est passionnant.
A réserver aux amateurs d’œuvres originales car le ton est unique, mélangeant enquête et numéros musicaux prodigués par les habitants de l’île qui sont, je vous rassure, parfaitement intégrés au fil narratif.
Lien vers la fiche VOD : https://video-a-la-demande.orange.fr/film/THEWICKERMAW0023659/the-wicker-man

Dossier 137 (2025) de Dominik Moll - ★★★★
Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité... Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.
J’ai été totalement pris par ce scénario extrêmement tendu, qui se consacre entièrement à un dossier de l’IGPN saisie après une manifestation des gilets jaunes.
Toute la procédure est détaillée, j’ai adoré ces scènes où l’on voit ses fonctionnaires préparer les courriers demandant tel ou tel élément du dossier, montrant bien ainsi la partie fastidieuse d’une enquête.
Le personnage principal est admirablement incarné par Léa Drucker.
Sur le fond le sujet est passionnant, que ce soit la difficile position des membres de l’IGPN face à leurs collègues, à leur hiérarchie, à leurs amis et familles, et bien sûr quant au sujet brulant des violences commises par les forces de l’ordre.
Le film remet bien le contexte en place, celui d’un gouvernement et des forces de l’ordre totalement dépassés par les violences commises par un nombre important de personnes pendant les premières manifestations, et qui vont ensuite réprimer et s’abattre avec force sur les manifestations suivantes.
Lien vers la fiche VOD : https://video-a-la-demande.orange.fr/film/DOSSIER137XW0236808/dossier-137
Et les autres :
Au Cinéma :

Plus fort que moi (2026) de Kirk Jones - ★★★½
Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d'embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés.
Les anglais excellent dans le domaine de la "dramédie", et voici encore un brillant exemple basé sur la vie de John Davidson, écossais atteint du syndrome de Gilles de La Tourette.
Compte-tenu des conséquences désastreuses de ce syndrome sur la vie de cette personne, l'aspect dramatique aurait pu être prédominant dans le scénario.
Mais John ne sombre pas dans une spirale négative, et fera tout pour dépasser ce handicap et gagner sa place dans la société.
La comédie est souvent assurée par les insanités que John déclame systématiquement au pire moment.
In fine beaucoup apprécié même si l'émotion ne fut pas à la hauteur de mes attentes.

The Drama (2026) de Kristoffer Borgli - ★★★½
Un couple comblé voit son bonheur mis à l’épreuve lorsqu’un rebondissement inattendu vient tout bouleverser à une semaine de son mariage.
Si le pitch et le casting m’avaient paru assez alléchants, ce n’est que la découverte que ce film était signé du réalisateur de “Sick of Myself” qui m’a vraiment motivé.
En comparaison, le niveau de gêne a sérieusement baissé, mais son explosion dans le dernier quart m’a paru bien jouissive !
Le scénario démarre comme une gentille comédie romantique, avec la préparation de son discours par le futur marié, revenant sur les épisodes marquants de sa vie avec sa moitié.
Puis, un secret inavouable est déballé au cours d’un diner arrosé, et le film bascule vers un mélange des genres totalement déroutant, que ce soit pour le spectateur ou ce couple sur le point d’imploser.
Le malaise se propage comme une traînée de poudre, et m’a procuré de nombreux rires nerveux !
Ça fait vraiment plaisir de voir des acteurs d’un tel niveau de notoriété jouer avec un scénario aussi ambigu.
Au Cinéma à compter du 15 avril :

Juste une illusion (2026) de Olivier Nakache & Eric Toledano - ★★★½
1985 : Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est “déjà plus” un enfant et qu’il n’est “pas encore” un adulte, il se trouve envahi par les questions et les doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.
Après la grosse déception que fut “Une Année Difficile”, le duo Nakache-Toledano revient avec leur film le plus personnel, une capsule temporelle qui nous plonge en 1985.
Le scénario se déroule au sein d’une famille dans les normes de l’époque, mais se focalise particulièrement sur le plus jeune des deux fils, entre ses copains, ses tentatives de séduire sa camarade et ses relations parfois tendues avec ses parents et son frère ainé.
La reconstitution minutieuse de cette époque fera office de madeleine de Proust pour toute personne y ayant vécu.
Comme à leur habitude les réalisateurs savent doser parfaitement les touches d’humour et d’émotion, même si ce film n’atteint par leurs plus grandes réussites.
Le casting est impeccable, que ce soit Camille Cottin et Louis Garrel en couple devant évoluer à marche forcée, ou les adolescents vite attachants.
Sur la VOD d’ORANGE :

Elle entend pas la moto (2025) de Dominique Fischbach - ★★★
À la veille d’une célébration familiale, Manon, jeune femme sourde et lumineuse, rejoint ses parents en Haute-Savoie. Dans la beauté des paysages alpestres, l’histoire du clan se redéploie entre archives familiales et images filmées par la réalisatrice depuis 25 ans. Porté par la force intérieure de Manon, le film trace un chemin d’épreuve et de résilience. La parole émerge enfin, là où le silence a longtemps régné.
J’ai une certaine appétence pour les documentaires tournés sur une longue période, que ce soit de façon régulière comme “Adolescentes” ou à des intervalles plus espacés comme “La Ferme des Bertrand”.
Le pitch de ce documentaire suivant une famille de trois enfants dont deux atteints de surdité me paraissait donc très prometteur.
L’absence d’une quelconque voix-off ou de mise en scène de sa réalisatrice ne m’a pas du tout dérangé, j’aurais aimé par contre avoir plus de contexte concernant les images issues de précédents documentaires, comme leur année de tournage et l’âge des enfants.
Le thème principal est le suicide du plus jeune membre de la fratrie 8 années plus tôt, ce qui a provoqué une forte dépression chez son père dont il semble se remettre à peine.
Les raisons de ce suicide sont évoquées, mais on comprend en filigrane que c’est la voie de l’oralisme imposée par les parents qui pourrait en être à l’origine.
C’est un sujet donc intéressant mais dont le traitement formel ne m’a pas paru totalement satisfaisant, notamment sur le temps trop important consacré au petit-fils de 2 ans.
Lien vers la fiche VOD : https://video-a-la-demande.orange.fr/film/ELLEENTENDPW0236815/elle-entend-pas-la-moto
Sur Arte.TV jusqu’au 30 septembre :

Double mise (1996) de Paul Thomas Anderson - ★★★½
Un trentenaire paumé devient joueur professionnel, sous le regard d’un mystérieux mentor.
Si ce premier long-métrage de Paul Thomas Anderson m’avait laissé indifférent lors de sa découverte, son nouveau visionnage ces derniers mois m’a permis de le réévaluer.
La réalisation m’a en effet paru très inspirée, j’ai beaucoup apprécié l’interprétation (Philip Baker Hall est exceptionnel, Philip Seymour Hoffman est impressionnant dans un rôle très court), et le scénario plutôt intéressant, même si la révélation finale paraît très ténue.
Bonne journée,
Matthieu.
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