Bonjour,

J’espère que vous vous portez tous bien.

Voici quelques suggestions de films / documentaire à visionner cette semaine.

LES 4 COUPS DE CŒUR DE LA SEMAINE :

Au cinéma :

Les Rayons et les Ombres (2026) de Xavier Giannoli - ★★★★

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire vraie de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration.

Commençons par un lieu commun sur la relativité du temps : “Les Rayons et les Ombres” a beau culminer à la durée imposante de 3h19, il n’en demeure pas moins beaucoup plus vif et digeste que les “Illusions Perdues” faisant 50 min de moins.

Car il fallait bien une telle durée pour réaliser cette fresque sur la collaboration française pendant la seconde guerre mondiale, vue depuis un père et sa fille.

Les scénaristes ont réussi l’exploit d’éviter tout manichéisme pour caractériser ces personnages, et détaillent bien l’engrenage qui s’est actionné à cause d’une amitié et de petites compromissions, pour déboucher sur une trahison de la Nation.

Ainsi la zone grise de certains faits de la collaboration est clairement mise en lumière, même si le réquisitoire final vient brillamment remettre les choses en place.

Les dialogues sont souvent de haute volée, et plus particulièrement quand ils font un parallèle sinistre avec la situation politique française contemporaine.

Malgré son jeune âge, Nastya Golubeva impressionne par la qualité de son interprétation, elle a réussi à me saisir dès les premières minutes. Face à elle Jean Dujardin fait preuve de sobriété et incarne parfaitement ce personnage vénal.

Sur Ciné+ OCS :

Le Parfum, histoire d'un meurtrier (2006) de Tom Tykwer - ★★★★

Au XVIIe siècle, Jean-Baptiste Grenouille, orphelin solitaire et malade, devient un jeune homme à part grâce à un don unique : son odorat. Il parvient à se faire embaucher comme apprenti chez les maîtres parfumeurs de Paris, pour qui il compose des chefs-d’œuvre olfactifs. Cependant, son but ultime est la mise au point de la fragrance idéale, qui lui permettrait de séduire instantanément tous ceux qui le croiseraient.

L’adaptation de cet excellent roman est passée par de nombreuses mains (notamment celles de Stanley Kubrick), et c’est finalement le réalisateur allemand Tom Tykwer qui réussit le tour de force de mettre en scène ce film à haute connotation olfactive.

Visuellement splendide, ce polar historique et fantastique suit parfaitement la trame passionnante du roman.

Sur ARTE le 30 mars à 20h55 (puis en replay sur ARTE.TV jusqu’au 28 avril) :

Les Moissons du ciel (1979) de Terrence Malick - ★★★★

En 1916, Bill, ouvrier dans une fonderie, sa petite amie Abby et sa sœur Linda quittent Chicago pour faire les moissons au Texas. Voyant là l'opportunité de sortir de la misère, Bill pousse Abby à céder aux avances d'un riche fermier, qu'ils savent atteint d'une maladie incurable...

Ce second long-métrage de Terrence Malick est mon préféré, c’est l’un des plus accessibles de son auteur et il offre des images totalement sublimes tournées au cours de la “magic hour”, soit les 25 minutes entre le coucher du soleil et l’arrivée de la nuit.

Au-delà de ces images hors-normes, le scénario nous présente un triangle amoureux de façon très poétique, rythmé par la voix-off de Linda.

Sur la VOD d’ORANGE :

Escape From The 21St Century (2025) de Li Yang - ★★★★

En 1999, trois adolescents découvrent qu’un simple éternuement leur permet de voyager dans le temps. Propulsés dans une aventure hors du temps, ils se retrouvent chargés d’une mission capitale : sauver le monde.

Lors de sa découverte au cours de l’édition 2024 de l’Étrange Festival, ce film avait été introduit par un spécialiste du cinéma asiatique comme donnant espoir sur le futur du cinéma de Chine Populaire, car il se montrait à la fois très ambitieux dans sa narration et surtout totalement barré dans sa forme !

Car pour une fois les effets numériques ne sont pas utilisés n’importe comment, ils viennent apporter de la folie au film et sont complétés par d’innombrables trouvailles visuelles (notamment via l’animation) qui laissent un sourire béat sur le visage du spectateur.

Le rythme va à 100 à l’heure (même si la seconde moitié est moins frénétique), c’est souvent très drôle, le casting est excellent, j’en étais sorti totalement enjoué !

Et les autres :

Sur Netflix à compter du 1er avril :

Un Ours dans le Jura (2025) de Franck Dubosc - ★★★½

Michel et Cathy, un couple usé par le temps et les difficultés financières, ne se parle plus vraiment. Jusqu’au jour où Michel, pour éviter un ours sur la route, heurte une voiture et tue les deux occupants. 2 morts et 2 millions en billets usagés dans le coffre, forcément, ça donne envie de se reparler. Et surtout de se taire.

Autant je suis très réticent lorsque je vois sur une affiche Franck Dubosc en tant que simple acteur, autant je suis plutôt client de ses deux précédentes réalisations. Cette nouvelle réalisation lorgne du côté de l’univers des Frères Coen (tendance “Fargo”) et réussit souvent son pari (non sans quelques longueurs).

Les personnages sont plus ou moins idiots, et ils n’agissent pas souvent avec du bon sens, ce qui rend certaines situations souvent drôles.

Le scénario (récemment primé aux Césars) ne se moque pas de ces habitants d’un trou perdu du Jura et porte souvent un regard bienveillant sur leurs défauts.

Car au-delà d’un film sur un magot chipé à des malfrats, c’est aussi une chronique sur un couple qui se délite, perdu entre des dettes et un enfant hors-normes. Et à ce titre ce couple incarné par Dubosc et Laure Calamy se révèle souvent attachant.

Sur Apple TV :

Boys State (2020) de Jesse Moss & Amanda McBaine - ★★★½

Construire un gouvernement à partir de zéro : le rêve de ces 1100 adolescents texans passionnés de politique. Une plongée houleuse au cœur du concept même de la démocratie dans ce documentaire récompensé à Sundance par le grand prix du jury.

ll y a 2 ans je vous avais présenté le pendant féminin de ce documentaire ("Girls State"), voici maintenant la version masculine sortie 4 ans plus tôt et qui détaille la semaine durant laquelle une assemblée de jeunes garçons de 16/17 ans doivent reproduire la vie politique et les élections US.

On l'avait constaté au cours de "Girls State", mais la semaine dédié aux garçons est à la fois plus développée (deux groupes sont formés de façon aléatoire, qui doivent s'affronter aux élections après une phase de primaires) et dotée d'un budget bien plus cossu que l’organisation dédiée aux jeunes filles.

On y retrouve cependant les mêmes profils d'adolescents en quête de reconnaissance sociale ou voulant promouvoir leurs idéaux politiques.

Mais les coups bas m'ont semblé plus nombreux chez ces jeunes hommes, ainsi que les vues extrémistes en matière de port d'armes, d'accès au droit à l'avortement, au respect des minorités,... Normal puisque nous sommes au Texas et que la majorité des participants sont issus de milieux conservateurs.

Reste le profil de Steven Garza qui donne de l'espoir, rien n'est encore perdu pour cette génération.

Sur Amazon Prime Video :

Blink Twice (2024) de Zoë Kravitz - ★★★
Interdit - 12 ans

Quand le milliardaire Slater King rencontre Frida, c’est le coup de foudre. Invitée sur son île privée, elle y découvre des soirées décadentes où le champagne coule à flots. Mais des événements étranges commencent à se produire et Frida devra découvrir la vérité si elle veut sortir vivante de cette fête.

J’avais quelque peu négligé ce thriller lors de sa sortie en salle, et j'avoue m'être un peu fait berner par le début, pensant à tort que le film allait emprunter les traces des "Chasses du comte Zaroff".

Mais c'est une tout autre voie narrative qui est empruntée, et in fine bien plus malaisante (impossible d'en dire plus sans spoiler...) et souvent glauque.

Le scénario arrive donc à réserver des surprises (notamment pour son surprenant final) et se montre prenant.

C'est la première réalisation de Zoë Kravitz (qui a aussi co-écrit le scénario) et l'image est soignée.

Le casting impressionne souvent, notamment dans ses seconds rôles tenus par une poignée de grands noms.

Sur Ciné+ OCS :

The Ugly Stepsister (2025) de Emilie Blichfeldt - ★★★½
Interdit - 16 ans

Dans un royaume où la beauté règne en maître, la jeune Elvira doit faire face à une redoutable concurrence pour espérer conquérir le cœur du prince. Parmi les nombreuses prétendantes, se trouve notamment sa demi-sœur, à l'insolente beauté. Pour parvenir à ses fins dans cette impitoyable course au physique parfait, Elvira devra recourir aux méthodes les plus extrêmes...

Très intéressante relecture du conte de Cendrillon, vu cette fois du point de vue de l’une de ses belles-sœurs, contrainte de martyriser son corps afin d’espérer danser avec le Prince au cours de son bal.

C’est une vision cruelle mais résolument féministe, puisque rien ne nous est épargné des efforts consentis par la gente féminine pour tenter de survivre dans ce monde.

A ce titre, après “Toxic” (de Saulė Bliuvaitė, 2025) c’est le second film que je vois en un mois qui utilise le “remède miracle” du ver solitaire pour perdre du poids, et cela débouche sur une des scènes les plus repoussantes que j’ai pu voir récemment.

Au-delà de son côté horrifique, c’est une adaptation du conte qui se veut réaliste, l’aspect manichéen des personnages est gommé et Cendrillon y perd même son aspect de sainte-nitouche.

Sur Paramount+ :

Strange Darling (2023) de JT Mollner - ★★★
Interdit - 16 ans

The Lady, une jeune femme joue au jeu mortel du chat et de la souris avec The Demon. L'histoire se déroule en 6 chapitres non linéaires, révélant les couches sombres de leur vie et de leur passé.

Le principal atout de ce film d’horreur tient dans sa construction, les différents chapitres étant présentés dans un désordre guidé par son intrigue.

On découvre ainsi, chapitre après chapitre, les tenants et aboutissants de cette intrigue, avec un résultat concluant sans être non plus exceptionnel.

Niveau casting le duo incarnant cette version moderne du loup face au petit chaperon rouge est excellent, et on a même le plaisir de revoir Barbara Hershey le temps d’un petit déjeuner dont le seul visionnage fera grimper votre taux de cholestérol !

Le film affiche fièrement en ouverture avoir été tourné en 35mm, et visuellement c’est donc très réussi, notamment pour les couleurs et la qualité de la lumière.

Profitez bien de cette sélection et du prochain WE de Pâques, retour dans 15 jours !

Bonne journée,

Matthieu.

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