Bonjour,
J’espère que vous vous portez tous bien et que vous avez profité de ce beau temps pour aller au cinéma. C’est en effet actuellement “Le Printemps du Cinéma” permettant, jusqu’au mardi 24 mars 2026 inclus, d’offre un tarif unique de 5 euros la séance dans les cinémas participants.
Voici quelques suggestions de films / série / documentaires à visionner cette semaine.
Pas de coup de cœurs formels cette semaine, sinon il y en aurait trop dans cette catégorie…
Sur le service Madelen / INA :

Le Prisonnier (1967-1968) de Patrick McGoohan et George Markstein - ★★★★★
17 épisodes de 50 min
Lorsqu'un agent secret britannique démissionne, il est enlevé par un mystérieux groupe, et retenu prisonnier dans "le Village", un endroit d'où on ne peut sortir, et où on a pour seul nom un numéro. N° 6 n'a que deux solutions pour quitter "le Village" : avouer le motif de sa démission, ou trouver un moyen de s'échapper...
J’ai longtemps clamé que "Le Prisonnier" et "Twin Peaks" étaient mes deux séries préférées.
Il a cependant fallu se rendre à l'évidence à l’occasion respectivement d’un troisième et quatrième visionnage : seule “Le Prisonnier” n'a absolument pas vieilli et a su conserver son aspect visionnaire.
Dans leur livre sorti en 1989, Alain Carrazé et Hélène Oswald qualifiaient cette série de “Chef-d'œuvre télévisionnaire”, et cette expression se montre totalement méritée tant elle marqua son époque et son aura reste intacte quasiment 60 ans après sa diffusion.
A travers ces 17 épisodes, Patrick McGoohan incarne cet “homme livre” de façon spectaculaire, plongé dans un village à l’architecture bigarrée (le fameux village de Portmeirion au Pays de Galles) dont il tente de s’échapper par tous les moyens, et confronté à une structure niant tout individualisme (les fameux numéros apposés sur chacun) et pratiquant une surveillance orwellienne de ses habitants.
Pour la découvrir ou la revoir, vous êtes chanceux car le coffret blu-ray a été réédité à bas prix il y a 2 ans. Sinon le site Madelen/Ina propose l’intégrale de la série avec un abonnement à partir de 3,99€ par mois, ceci après un essai gratuit de 7 jours (wink-wink).
Sur Netflix :

A bord du Darjeeling Limited (2008) de Wes Anderson - ★★★★½
Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois. Pourtant, leur quête spirituelle va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie.
C’est pour moi l’un des 3 meilleurs films de Wes Anderson (avec “The Royal Tenenbaums” et “The Grand Budapest Hotel”).
Les chamailleries de ces 3 frères à travers une Inde fantasmée sont un véritable régal.
Je vous conseille de visionner le court-métrage “Hôtel Chevalier” (qui semble disponible légalement sur YouTube), un petit bijou visuel et sonore faisant office de préambule, avec Natalie Portman et Jason Schwartzman.
NB : également disponible sur Disney+.
Au Cinéma :

Projet Dernière Chance (2026) de Phil Lord et Christopher Miller - ★★★★
Ryland Grace, professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre l'énigme de la mystérieuse substance qui cause l'extinction du Soleil. Pour tenter de sauver l’humanité, il va devoir faire appel à ses connaissances scientifiques et à des idées peu conventionnelles … Mais une amitié inattendue pourrait bien l’aider à ne pas affronter cette mission tout seul.
Ça fait combien de temps qu’on n’a pas eu la chance de découvrir en salle un blockbuster de SF qui déborde d’humour et d’émotion, et qui a de l’empathie pour ses personnages ?
Si on lui ajoute un palette visuelle très réussie, beaucoup d’excellentes idées dans le scénario, un Ryan Gosling en grande forme et qui tient une grande partie du film sur ses épaules, cela débouche sur une très belle réussite du genre !
Pour information nous avons vu le film avec nos enfants de 10 et 13 ans.
Sur Canal+ à la Demande :

Materialists (2025) de Celine Song - ★★★★
Une jeune et ambitieuse matchmakeuse new-yorkaise se retrouve dans un triangle amoureux complexe, tiraillée entre le " match " parfait et son ex tout sauf idéal.
Je ne regarde quasiment jamais les bande-annonces des films que j’ai déjà envie de voir, mais pour celui-ci j’ai tenu à visionner sa bande-annonce après-coup pour confirmer que son plan marketing donnait un aspect totalement faussé du résultat final (ce qui explique peut-être la moyenne assez basse des spectateurs sur Allociné).
Ainsi, sous un vernis de comédie romantique, on trouve ici une étude sincère de l’aspect pernicieux des critères pris en compte dans la sélection d’un(e) compagnon(gne).
Ces critères objectifs (taille, poids, âge, revenus annuels,…) viennent ainsi souvent primer sur d’autres facteurs subjectifs et notamment “le Grand A.”, au point que certains couples se forment uniquement parce qu’ils correspondent aux cases cochées.
Si l’on trouve bien au scénario l’un des leitmotivs des comédies romantiques (X choisira t’il/elle la personne A ou B), il ne sert que de fil conducteur.
L’interprétation et la réalisation sont toutes en nuances (pensez à une version plus grand public de “Past Live”, le précédent film de la réalisatrice Celine Song), et les dialogues m’ont paru remarquablement bien écrits (au point de m’émouvoir).
Gros coup de cœur in fine, et 9ème place de mon top 10 2025 !
Sur Ciné+ OCS :

Soyez Sympas, Rembobinez (2008) de Michel Gondry - ★★★★
Un homme dont le cerveau devient magnétique efface involontairement toutes les cassettes du vidéoclub dans lequel l'un de ses amis travaille. Afin de satisfaire la demande de la plus fidèle cliente du vidéoclub, une femme démente, les deux hommes décident de réaliser les remakes des films effacés.
La découverte du pitch de ce film alors qu’il n’était qu’en projet m’avait laissé espérer un film totalement fou.
Avec Michel Gondry aux manettes, le résultat fut au-delà de mes espérances : c’est une lettre d’amour au cinéma populaire et aux vidéoclubs de notre enfance, chaque film “suédé” étant refait avec les moyens du bord, mais une grosse envie de cinéma.
Le résultat est à la fois drôle, loufoque et mélancolique.

La Trilogie d'Oslo / Rêves (2025) de Dag Johan Haugerud - ★★★½
Johanne tombe amoureuse pour la première fois de sa vie, de sa professeure. Elle relate ses émotions dans un carnet. Quand sa mère et sa grand-mère lisent ses mots, elles sont d’abord choquées par leur contenu intime mais voient vite le potentiel littéraire. Tandis qu’elles s’interrogent, entre fierté et jalousie, sur l’opportunité de publier le texte, Johanne se démène entre la réalité et le romanesque de son histoire...
Je dois avouer que la longue introduction de ce film ne m'a franchement pas passionné : pendant une vingtaine de minutes, on y suit une histoire classique d'une élève éprouvant des sentiments de plus en plus forts pour sa professeure.
Puis, alors qu'elle parvient à s'introduire dans le domicile de cette dernière, la narration fait un bond en avant temporel et le film bascule vers une histoire bien plus innovante.
L'élève a ainsi rédigé le témoignage de cette relation, sans qu'on sache s'il est véridique ou juste fantasmé. La lecture de ce témoignage par sa grand-mère puis sa mère bouleverse ces femmes qui y voient surtout la naissance d'une écrivaine.
J'ai énormément apprécié les dialogues et l'interprétation toute en nuances, les relations entre les personnages paraissent naturelles alors que les hommes sont complétement exclus de la narration.
Sur ARTE.TV jusqu’au 13 avril :

Le Limier (1973) de Joseph L. Mankiewicz - ★★★★
Sir Andrew Wyke, un riche auteur de romans policiers anglais, a invité Milo Tindle, un coiffeur londonien d'origine plus modeste, à lui rendre visite dans sa somptueuse résidence, aménagée et décorée avec un art consommé du trompe-l’œil. Maniaque de l'énigme et de la mystification, cachant mal son mépris pour ce parvenu dont il connaît la liaison avec son épouse Marguerite, Andrew lui propose de simuler un cambriolage pour toucher l'argent de l'assurance. Milo, impressionné par Wyke, accepte...
C’est une œuvre au scénario diabolique et passionnant, aux dialogue ciselés, et qui m’avait énormément marqué lors de sa découverte au lycée.
La confrontation entre ces deux mondes incarnés par Laurence Olivier et Michael Caine est mémorable, mais le reste du casting n’est pas en reste !
Si vous ne l’avez jamais vu, c’est assurément à ne pas manquer !
Sur Amazon Prime Video :

Paul McCartney déploie ses ailes (2026) de Morgan Neville - ★★★★
J’ai l’impression que c’est le premier documentaire “officiel” consacré à la vie de McCartney après son départ des Beatles.
Il couvre principalement la décennie des 70’s, sa mise en retrait volontaire dans une ferme délabrée du nord de l’Écosse, ses premiers tâtonnements musicaux en solo, puis l’aventure des Wings d’abord laborieuse puis couronnée de succès grâce à l’album “Band on the Run”.
Deux événements mettront un terme à cette aventure : la semaine passée en prison par Paul suite à la découverte de cannabis dans sa valise à son arrivée au Japon puis ce funeste 8 décembre 1980…
Le documentaire est uniquement constitué d’images d’archives, qu’elles soient publiques ou intimes, commentées par Paul (sous forme d’archives sonores ou de façon récente), et ses proches.
In fine un must pour tout fan de Macca.
Sur la VOD d’APPLE :

La Ligne La Plus Dure - L'Histoire de Midnight Oil (2024) de Paul Clarke - ★★★½
NB : suite au décès il y a 2 mois de Rob Hirst (batteur de Midnight Oil), voici une petite infidélité ponctuelle au service VOD édité par ORANGE, ce documentaire n’étant disponible en France que chez son concurrent à la pomme.
C’est un très joli documentaire sur ce groupe qui a bercé mes années de lycée et que j'ai eu la chance de voir deux fois en concert lors de leurs dernières tournées.
Il est focalisé sur l'aventure humaine du groupe, même si quelques segments sont dédiés à son chanteur Peter Garrett, son engagement activiste puis politique (il fut membre du parlement pendant 9 ans, et ministre de l'environnement puis de l'éducation pendant 6 ans).
La forme est principalement constituée de la voix-off des 4 membres survivants montée sur des images d'archives : cela évite toute interférence extérieure mais il n'y a du coup pas d'autre point de vue.
Personnellement j'aurais beaucoup aimé voir un documentaire plus fouillé sur leur travail musical, seuls 4 albums sont évoqués plus en détail (ceux de "Place without a Postcard" à "Diesel and Dust"), alors qu'il n'y a même pas un mot sur "Earth and Sun and Moon".
Bonne journée,
Matthieu.
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