Bonjour,

J’espère que vous vous portez tous bien et que les vacances furent bonnes pour celles et ceux qui sont partis.

Voici quelques suggestions de films / série / documentaire à visionner cette semaine.

LES 4 COUPS DE CŒUR DE LA SEMAINE :

Sur Arte.TV jusqu’au 31 mars :

Danse avec les Loups (1990) de Kevin Costner - ★★★★★

Pendant la guerre de Sécession, le jeune lieutenant John Dunbar est envoyé à un poste de reconnaissance dans les immenses plaines du Dakota. Il rencontre au cours de l'une de ses missions le peuple sioux et au fil du temps se lie d'amitié avec la population indienne.

Ce fut un coup de cœur complet lors de sa découverte en salle, et à chacun de ses visionnages l’émotion ressentie reste intacte. Difficile de comprendre comment Kevin Costner a réussi un tel film quand on voit le reste de sa filmo de réalisateur (officielle et officieuse)…

Je n’ai pas grand-chose à ajouter qui n’ait été écrit des milliers de fois sur ce film, si ce n’est que la musique de John Barry est absolument fantastique (c’est l’une des B.O. que j’ai le plus écoutées depuis le lycée), elle réussit toujours à me transporter à chacune de ses grandes envolées. De même, le casting des natifs d’Amérique est totalement impressionnant, les images sont magnifiques et le scénario (passablement pompé par “Avatar”) est toujours aussi passionnant.

En bref, ce film reste confortablement installé dans mon Top 10 “all time”.

Sachez cependant qu’Arte diffusera la version cinéma de 3h qui semble avoir la préférence de certains, notamment pour des questions de rythme.

De mon côté c’est la version longue de 3h53 qui a ma préférence (selon moi bien plus riche et cohérente que la version cinéma), mais lorsque nous l’avons récemment montrée aux kids (10 & 13 ans) j’ai parfois regretté qu’ils découvrent le film dans cette version.

Au cinéma :

Marty Supreme (2026) de Josh Safdie - ★★★★

Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, est prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que rien ne lui est impossible.

Mais qu’est-ce qui fait courir Marty ?

Faux film de sports, où le tennis de table n’est qu’un prétexte pour suivre le parcours de ce jeune homme ambitieux, cherchant à tout prix à sortir de la destinée tracée par sa famille et sa condition.

Certes Marty veut montrer au monde entier qu’il est le meilleur pongiste, mais le scénario ne s’attarde pas sur ses entraînements intensifs comme dans n’importe film de ce genre, mais plutôt sur ses mensonges, ses arnaques, ses trahisons envers ses proches ou les quidams qui auront la malchance de le croiser.

Reste que malgré ses défauts ce personnage demeure attachant, l’envie persiste de voir sa course en avant s’achever positivement.

Réalisé par une moitié des Frères Safdie, ce film garde la même énergie de leurs précédentes réalisations (notamment “Uncut Gems” et “Good Times”) tout en mettant en sourdine un certain aspect nihiliste (qu’on m’a justement qualifié comme la “spirale de la loose”).

La reconstitution historique est impeccable, la B.O. puisant dans des tubes 80’s crée un décalage bienvenu, et le casting se montre totalement formidable, Timothée Chalamet en tête (que je ne qualifierai plus jamais de “gringalet”).

Sur HBO MAX :

A Knight of the Seven Kingdoms (2026-) - ★★★★
6 épisodes de 31 à 42 min

Un siècle avant les événements de “Game of Thrones”, deux héros improbables erraient dans Westeros : un jeune chevalier naïf mais courageux, Ser Duncan le Grand, et son petit écuyer, Egg. À une époque où la lignée Targaryen détient encore le Trône de fer et où le souvenir du dernier dragon n'a pas encore disparu de la mémoire collective, de grands destins, de puissants ennemis et de dangereuses aventures attendent ces amis improbables et incomparables.

Alors voilà, vous êtes un fan de “Game of Thrones” (quelque soit votre avis sur la très bonne dernière saison), mais sa série dérivée '“House of the Dragon” vous a ennuyé au plus haut point, tellement que vous l’avez abandonnée en cours de route.

Dans cette situation, pourquoi iriez-vous replonger dans un nouveau pensum ?

C’était en résumé ma position, avant de découvrir les avis plus ou moins dithyrambiques parus ces dernières semaines sur cette nouvelle série dérivée.

Comme vous avez pu le lire ci-dessus, c’est une première saison courte constituée d’épisodes très courts : la narration est resserrée sur le déroulement d’un tournoi, limitant ainsi la temporalité et les lieux visités.

Autre changement notable : l’humour est très présent, que ce soit dans les dialogues ou les situations (l’arrivée inopportune du thème de Ramin Djawadi est mémorable !).

La violence inhérente à l’œuvre de George R.R. Martin reste toutefois présente et se montre très vive dans un excellent 5ème épisode.

Outre les décors et les costumes encore somptueux, une nouvelle fois il faut saluer la qualité du casting, notamment le tout jeune Dexter Sol Ansell qui épate à chacune de ses apparitions en très jeune écuyer.

Assurément l’une des séries de cette année !

Sur ARTE.TV jusqu’au 2 avril :

Jusqu’à la Garde (2018) de Xavier Legrand - ★★★★

Le couple Besson divorce. Pour protéger son fils d'un père qu'elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu'elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n'arrive.

Ce fut mon film préféré de 2018, et il a ensuite amplement mérité ses César (meilleur film, scénario original, actrice et montage).

Il y règne une tension folle allant crescendo, jusqu’à exploser pendant son dernier quart-d’heure. Le résultat est superbement interprété et TRÈS éprouvant !

A ne pas louper !!

Et les autres :

Au cinéma :

Alter Ego (2026) de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine - ★★★½

Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.

Il a fallu 13 ans pour que Nicolas & Bruno réalisent enfin leur 3ème long-métrage, mais leur univers comique est toujours pertinent.

Le scénario est d’une folle originalité, tout en étant moins extravagant et délirant que celui de “La Personne aux Deux Personnes”.

Ici l’humour exploite pleinement le “cringe” du personnage renfermé de Laurent Laffite, qui voit en son nouveau voisin “son sosie mais en mieux”.

N’importe laquelle de ses actions pour se démarquer de son double donne envie de se cacher sous la table, et provoque donc un rire nerveux.

Face à lui, ce double ne perd jamais son sang-froid et n’affiche que des qualités indéniables.

Le dernier quart fait la part belle à l’humour noir, et Laurent Lafitte se montre encore génial dans son double-rôle.

Sur la VOD d’ORANGE :

Nouvelle Vague (2025) de Richard Linklater - ★★★½

Ceci est l’histoire de Godard tournant “À bout de souffle”, racontée dans le style et l’esprit de Godard tournant “À bout de souffle”.

Posons d’abord les bases : les films de la “Nouvelle Vague” ont généralement tendance à m’ennuyer, et le dernier visionnage en 2021 de “A Bout de Souffle” m’a laissé totalement de marbre.

Mais voilà, Richard Linklater et ses scénaristes ont réussi la prouesse de rendre le making-of plus attrayant que le film de Godard lui-même !

Le scénario introduit les différents protagonistes et déroule rapidement la phase de préparation, mais il se focalise surtout sur la production elle-même, qu’on pourrait qualifier de chaotique au regard des normes habituelles.

Ainsi le scénario de Godard ne tient que sur quelques maigres feuillets, et celui-ci ne tourne qu’au gré de son inspiration, qui se trouve chaque jour vite épuisée (au grand dam de son producteur et de ses techniciens).

J’ai beaucoup aimé la mise en scène de Linklater (et adoré la façon dont chaque personnage historique est présenté, face caméra avec son nom en bas de l’écran) et la reconstitution fétichiste de cette époque : habillage des rues, costumes, voitures,… tout est mis en œuvre pour nous replonger en 1959.

Pour finir, il faut vraiment saluer le travail formidable accompli sur le casting : au-delà du défilé de sosies des personnes les plus connues, le phrasé et le maintient de chaque interprète rend chaque identification plus vraie que nature (et Zoey Deutch est absolument craquante !).

Sur Ciné+ OCS :

Fragments d'un parcours amoureux (2025) de Chloé Barreau - ★★★½

Depuis ses 16 ans, entre Paris et Rome, Chloé a filmé ses amours. Coup de cœur adolescent, relation à distance, passion charnelle... alors qu’elle vivait une histoire, elle en fabriquait déjà le souvenir. Mais de quoi se souviennent ces ex ? Quelle est leur version des faits ? Douze d’entre eux se livrent pour reconstituer un parcours sentimental aussi singulier qu’universel.

Voici un documentaire hors-normes où la réalisatrice Chloé Barreau nous fait parcourir trois décennies de sa vie amoureuse, ceci à travers des interviews d’hommes et de femmes qui ont marqué cette vie le temps de quelques mois, voire de quelques années.

Ces interviews ne sont pas menées par Chloé, ce qui permet de donner plus de naturel et d’objectivité à ces souvenirs, notamment pour certaines relations qui se sont achevées dans la peine, ou du fait que Chloé menait parfois plusieurs relations en parallèle.

Ces partenaires d’un temps évoquent sans réserves cette période de leur vie, de leur rencontre avec Chloé jusqu’à leur séparation, et parfois au-delà pour un témoin ayant découvert une trahison.

Ces interviews sont montées sur de nombreuses images d’archives prises par Chloé, vidéaste et photographe amatrice depuis la fin de son adolescence, et archiviste méticuleuse de ses relations passées.

In fine un très joli documentaire !

Sur France.TV jusqu’au 15 mars :

Hantise (1944) de George Cukor

Nièce d’une grande cantatrice mystérieusement assassinée quelques années plus tôt, Paula Alquist épouse le pianiste Gregory Anton, une semaine après leur rencontre en Italie. Par amour, elle se laisse convaincre de revenir habiter dans la maison londonienne où sa tante Alice fut trouvée étranglée. Privée peu à peu de sa vie sociale, Paula doute bientôt de sa propre santé mentale et combat d’étranges hallucinations. Entre-temps, un inspecteur de Scotland Yard, fervent admirateur d’Alice, réexamine le dossier du meurtre.

C’est rare de trouver un film qui a un tel impact qu’il donne lieu à une expression ("gaslighting", soit le fait de faire croire des choses à sa femme dans le but de la faire passer pour folle).

J’avoue très mal connaître Charles Boyer et je fus impressionné par sa prestation, tour à tour charmeur et pervers manipulateur.

Le film se présente comme un drame familial dans sa première heure avant de virer au thriller, ce qui m’a beaucoup plu.

Bonne journée,

Matthieu.

PS : si vous désirez que je vous retire de la liste de cet email, n’hésitez pas à me l’indiquer (il y a même un lien direct ci-dessous).

PS² : n’hésitez pas à me donner votre avis si vous avez apprécié un titre suggéré (ou si vous l’avez détesté !).

PS3 : newsletter garantie sans I.A. !

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