Bonjour,

J’espère que vous vous portez tous bien.

Voici quelques suggestions de films / documentaire à visionner cette semaine.

LES 4 COUPS DE CŒUR DE LA SEMAINE :

Au cinéma :

Aucun autre choix (2026) de Park Chan-Wook - ★★★★
Interdit aux -12 ans

Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…

Déjà adapté en 2005 par Costa-Gavras (film dont je garde un souvenir à la fois mitigé et très partiel), le roman “Le Couperet” se voit maintenant transposé dans une Corée où le monde du travail est ultra-compétitif et malsain.

C’est un film très riche dans les thématiques qu’il traite, entre le déclassement économique et social ressenti par ce cadre au chômage, les conséquences sur sa vie de couple et ses relations avec ses enfants, ou l’évolution du marché du travail montrant un remplacement des travailleurs par des machines.

Mais tout est traité sous l’œil acéré de Park Chan-Wook, cinéaste maître de la noirceur, versant parfois vers la comédie.

Le résultat est donc extrêmement vif et dynamique, les 2h19 passent en un clin d’œil, je me suis souvent délecté des dialogues souvent acerbes ou des situations totalement incongrues qui dérapent d’un moment à l’autre.

Sur Ciné+ OCS :

Loveable (2025) de Lilja Ingolfsdottir - ★★★★

Maria et Sigmund se croisent de fête en fête avant de se rendre à l'évidence : ils sont faits l'un pour l'autre ! Une passion fusionnelle et quelques années plus tard, Maria jongle désormais entre une vie domestique avec quatre enfants et une carrière exigeante. Sigmund, lui, voyage de plus en plus pour son travail.

Boy meets girl, c’est le coup de foudre et la période dorée.

Puis on retrouve ce couple 7 ans plus tard, éreinté par la routine et les tracas de la vie quotidienne, jusqu’à ce qu’une dispute provoque une cassure entre eux.

Gros coup de cœur pour ce drame norvégien que j’ai lancé un peu au hasard mais qui m’a très vite happé.

C’est interprété avec beaucoup de finesse et surtout remarquablement bien écrit, la psychologie de ce couple étant bien plus tortueuse qu’il n’y paraît initialement.

C’est un très joli portrait d’une femme qui tente de se reconstruire, et à ma grande surprise je l’ai trouvé passionnant.

Sur ARTE.TV :

Mister Nobody contre Poutine (2025) de Pavel Talankin et David Borenstein - ★★★★

Salarié de l'éducation dans une petite ville russe, Pavel Talankin a filmé pendant deux ans la mise en œuvre du programme militaire et nationaliste imposé dans les écoles après l’invasion de l’Ukraine.

Ce documentaire nous plonge dans la machine de propagande russe, dont les curseurs ont été poussés à fond suite à l’invasion de l’Ukraine.

Son protagoniste est animateur et vidéaste dans l’école de « la ville la plus polluée au monde » (l’espérance de vie moyenne ne dépassant pas 38 ans…), et semble grandement apprécié des jeunes.

A travers les images qu’il prend quotidiennement, il nous relate la façon dont la propagande du Kremlin s’est faite de plus en plus forte au sein de l’école, d’abord via les cours (j’ai éclaté de rires en écoutant le discours du prof d’histoire sur la situation économique de la France), puis via des défilés militaires, des préparations au maniement des armes,…

Il porte une vision nihiliste sur cette jeunesse sacrifiée, dont les hommes partent de plus en plus jeunes au service militaire et donc combattre la démocratie en Ukraine.

Ce documentaire est nommé à l’Oscar 2026 du meilleur long-métrage documentaire.

Sur NETFLIX :

La Famille Tenenbaum (2002) de Wes Anderson - ★★★★½

Chez les Tenenbaum, les enfants ont toujours été des génies. Tout jeunes, Chas était déjà un maître de la finance, Margot une dramaturge exceptionnelle et Richie un joueur de tennis hors pair. Un jour, Etheline, leur mère, demande le divorce. Elle ne supporte plus le caractère égoïste de Royal Tenenbaum, son mari. Cette crise familiale a une influence négative sur le développement personnel de leurs progénitures.

C’est toujours le film de Wes Anderson que je préfère.

En 2001, pour son troisième long métrage, il réunissait un casting ahurissant pour nous livrer une comédie douce-amère et mélancolique.

Ses personnages sont à la fois excentriques et extrêmement attachants, ils évoluent dans un univers tellement formel qu’on parle maintenant de « style Wes Anderson ».

Souvent drôle et émouvant, c’est une vraie pépite.

Et les autres :

Au cinéma :

Send Help (2026) de Sam Raimi - ★★★½
Interdit aux -12 ans

Seuls rescapés d'un accident d'avion, Linda Liddle et Bradley Preston se retrouvent à présent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure est venue de surmonter les griefs du passé et de travailler ensemble pour tenter de s’en sortir. Sauf qu’en fin de compte la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…

Cela faisait depuis 2009 que Sam Raimi était en pré-retraite.

Ce nouveau film n’a certes rien à voir avec les sommets de sa filmographie, mais il se montre toutefois bien sympathique.

L’introduction nous présente un univers machiste totalement détestable au sein d’une société où son apparence physique et son handicap au golf priment sur ses capacités professionnelles.

Une fois échoués sur cette ile déserte, les rôles de ce patron / fils à papa et de sa subalterne souffre-douleur vont radicalement s’inverser, cette dernière étant une adepte d’émissions type « Survivor ».

Leurs relations seront tendues tout du long, l’un cherchant quasi systématiquement à prendre l’ascendant psychologique sur l’autre.

Et il faut avouer que ces différentes vacheries voire pics de violence sont souvent très drôles, je me suis souvent esclaffé comme un âne (j’étais bien le seul…).

La réalisation est efficace sans être du niveau du jeune Sam Raimi, quant à Rachel McAdams elle se montre parfaite pour ce rôle évoluant intelligemment tout du long.

Sur Canal+ à la Demande :

Drone (2024) de Simon Bouisson - ★★★½

Une nuit, Émilie, une jeune étudiante, remarque qu'un drone silencieux l’observe à la fenêtre de son appartement. Les jours suivants, il la suit et scrute chacun de ses mouvements. D'abord protecteur, le drone devient inquiétant. Émilie se sent de plus en plus menacée.

J’étais totalement passé à côté de ce film lors de sa sortie en octobre 2024, il faut dire que les moyennes des critiques et avis du public sur Allociné ne sont pas très encourageantes.

Puis je l’ai lancé sur un coup de tête, passablement attiré par le pitch, et ce fut une très bonne surprise.

La réalisation utilise de nombreuses images prises au drone mais dans un but scénaristique. Et il faut avouer que ça donne un certain caractère à l’image.

Le scénario se montre prenant même s’il comporte certains trous (pourquoi l’héroïne ne va pas porter plainte ?…), reste qu’il réussit à parfaitement retomber sur ses pieds.

Et il mêle habilement la traque subie par cette jeune femme avec ses ambitions contrariées de carrière en architecture.

J’ai passé tout le film à me demander où j’avais déjà vu cette Marion Barbeau avant de m’apercevoir que c’était dans « En Corps », et elle se montre encore une fois totalement crédible et investie.

Sur Amazon Prime Video :

Le Royaume des Abysses (2024) de Tian Xiaopeng - ★★★½

Shenxiu, une fillette de 10 ans, est aspirée dans les profondeurs marines durant une croisière familiale. Elle découvre l’univers fantastique des abysses, un monde inconnu peuplé d’incroyables créatures. Dans ce lieu mystérieux émerge le Restaurant des abysses, dirigé par l’emblématique Capitaine Nanhe. Poursuivis par le Fantôme Rouge, leur route sera semée d’épreuves et de nombreux secrets.

Je commence par le gros atout du film : son aspect visuel franchement spectaculaire !

L’animation évolue selon les situations et pas mal de séquences sont franchement épatantes et en mettent plein les yeux.

Sur le fond, cela rappelle beaucoup un film de la décennie précédente que je ne peux citer clairement sans vous spoiler.

C’est d’ailleurs la grande force du film car le dernier tiers traine un peu en longueur avant que le mystère ne se dévoile enfin (même s’il est facile à deviner).

In fine c’est une jolie réussite de l’animation chinoise.

NB : attention pour les plus jeunes enfants, certaines séquences sont assez difficiles pour un plus jeune public. Personnellement j’avais amené en salle mon fils lorsqu’il avait 11 ans ½ et il avait beaucoup aimé, mais ma fille de 8 ans aurait été trop jeune.

Sur ARTE le mercredi 18 février à 20h55 (puis sur Arte.TV jusqu’au 18 mai) :

La Salle des Profs (2024) de Ilker Çatak - ★★★

Alors qu'une série de vols a lieu en salle des profs, Carla Nowak mène l'enquête dans le collège où elle enseigne. Très vite, tout l'établissement est ébranlé par ses découvertes.

Ambiance et réalisation très tendues, excellente prestation de Leonie Benesch, format 1.33 accentuant la claustrophobie au sein de ce collège sur fond de délation et de suspicions entre élèves et membres du corps enseignant.

Pas mal du tout sans être exceptionnel, dommage que la fin soit aussi abrupte.

Profitez bien de cette sélection et de la période des vacances de février, retour aux alentours du 9 mars !

Bonne journée,

Matthieu.

PS : si vous désirez que je vous retire de la liste de cet email, n’hésitez pas à me l’indiquer (il y a même un lien direct ci-dessous).

PS² : n’hésitez pas à me donner votre avis si vous avez apprécié un titre suggéré (ou si vous l’avez détesté !).

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