Bonjour,
J’espère que vous vous portez tous bien.
Voici quelques suggestions de films / série / documentaire à visionner cette semaine.
LES 4 COUPS DE CŒUR DE LA SEMAINE :
Sur la Vidéo à la Demande d’ORANGE :

Une Bataille Après l’Autre (2025) de Paul Thomas Anderson - ★★★★½
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob vit en marge de la société, avec sa fille Willa, indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
4 ans après sa « pizza au réglisse », Paul Thomas Anderson revient avec un projet hors-normes, un film d’auteur au budget et au casting dignes d’un blockbuster.
Ce qui frappe en premier lieu, c’est l’impression qu’il est directement branché sur l’actualité américaine, avec une fragmentation aigüe de la société entre les deux extrêmes révolutionnaire et fasciste.
On est ensuite rapidement happé par le rythme effréné de la narration, il faut arriver au dernier tiers pour qu’un évènement ralentisse le tempo, mais cette halte n’est que de courte durée.
Les personnages sont impeccablement interprétés, encore une fois Leonardo Di Caprio tourne peu mais sélectionne avec soin ses projets.
In fine ce fut mon film préféré de 2025.

Empire du Soleil (1988) de Steven Spielberg - ★★★★
En 1941, la concession internationale de Shanghaï semble ignorer tout de l'occupation japonaise du reste du pays. James Graham, jeune fils d'un industriel britannique, y vit une existence protégée et pleine d'aventures imaginaires. Mais l'attaque de Pearl Harbour marque la fin de cet état de grâce, et James se retrouve séparé de sa famille. Condamné au statut d'errant, il se retrouve finalement emprisonné dans un camp de prisonniers où il doit apprendre à survivre...
C’est un Spielberg un peu oublié du grand public, lorsqu’il se lançait à peine dans la réalisation de drames.
C’est un très beau et difficile parcours de l’enfance à l’adolescence, un tout jeune Christian Bale est littéralement exceptionnel dans ce rôle, il contient autant d’images dramatiques marquantes que de moments purement spielbergiens…
Quant à sa séquence finale, elle m’a encore une fois totalement bouleversé…
Pour la petite histoire, j’avais découvert ce film en salle alors que je venais d’avoir 11 ans, un peu traîné malgré moi par la mère de mon meilleur copain. Reste que j’étais finalement sorti très enthousiaste de cette séance.
Nos enfants ayant 13 & 10 ans, il était donc temps de leur passer le flambeau. Si mon fils (passionné de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale) semble avoir beaucoup apprécié, ma fille (encore préservée des horreurs de ce Monde) l’a hélas rejeté.
Sur Paramount+ :

Babylon (2023) de Damien Chazelle - ★★★★
Los Angeles des années 1920. Récit d'une ambition démesurée et d'excès les plus fous, l'ascension et la chute de différents personnages lors de la création d'Hollywood, une ère de décadence et de dépravation sans limites.
C’est une version trash de “Chantons Sous La Pluie” (d’ailleurs ouvertement cité) avec ces personnages pris dans la tourmente de la révolution du cinéma parlant, une “grande déclaration d’amour au cinéma” et à la salle, des moments d’intense folie (notamment la fête du début ou ces tournages de films muets en extérieur dont certains moments m’ont fait éclater de rires), de l’émotion, une interprétation magistrale de tout le casting, même si ce sont les performances de Brad Pitt et de Margot Robbie qui m’ont le plus marqué.
Le film dure 3h09 mais file comme le vent, c’est l’une des plus belles réussites de ces dernières années !!
Attention pour les âmes sensibles, le film explore tous les vices humains…
Sur Canal+ à la demande :

Little Jaffna (2025) de Lawrence Valin - ★★★★
Le quartier de « Little Jaffna » à Paris est le cœur d'une communauté tamoule vibrante, où Michael, un jeune policier, est chargé d'infiltrer un groupe criminel connu pour extorsion et blanchiment d'argent au profit des rebelles séparatistes au Sri Lanka. Mais à mesure qu'il s'enfonce au cœur de l'organisation, sa loyauté sera mise à l'épreuve, dans une poursuite implacable contre l'un des gangs les plus cachés et puissants de Paris.
Voici un premier long-métrage français très maitrisé qui m’a beaucoup enthousiasmé ! Techniquement certains plans m'ont totalement épaté, Lawrence Valin a bien digéré sa grammaire cinématographique et cela fait évidemment plaisir à voir !
Sur le fond c'est un polar très prenant situé dans une communauté rarement présentée dans le cinéma français (le seul contre-exemple qui me vient à l'esprit est "Dheepan" de Jacques Audiard), avec thème ce flic infiltré tentant de faire tomber le parrain local.
C'est certes une thématique souvent vue au cinéma ou à la télévision, mais son développement n'apparait jamais éculé ou tombant dans les poncifs du genre. Ainsi le fil conducteur ne se résume pas aux atermoiements du flic infiltré se liant d'amitié avec les personnes qu'il doit surveiller, il faut y ajouter cet axe fort qu'est le retour de cet homme à ses origines tamoules.
L'interprétation est juste et intense, encore une fois c'est rare de voir un premier film aussi bien porté par son acteur / réalisateur.
Et les autres :
Sur la Vidéo à la Demande d’ORANGE :

Maris et Femmes (1992) de Woody Allen - ★★★½
Au cours d'une soirée, Jack et Sally annoncent à leurs amis Gabe et Judy Roth leur intention de se séparer par consentement mutuel. Seulement, leur grande complicité va devenir un mur insurmontable à cette séparation. Gabe et Judy, pour leur part, voient leur couple se défaire au contact de leurs rencontres respectives et du poids des non-dits.
J’avais dû découvrir ce Woody pendant mes années lycée où j’avais poncé sa filmographie, mais je n’en gardais que peu de souvenirs. Il faut ainsi un peu de bouteille pour mieux apprécier cette tragi-comédie sur ces couples qui se font et se défont.
Les dialogues sont brillants, les situations sonnent toujours aussi justes malgré les décennies qui se sont écoulées, et l’interprétation de ces 6 rôles (en incluant ceux de Juliette Lewis et Liam Neeson) se montre toute en finesse.
Ce qui m’a cependant le plus marqué, c’est cette réalisation sous forme de faux documentaire, avec interviews “confession” en sus. Cela avait certes été utilisé par Allen sur son “Zelig”, mais cela détonne tout de même face au reste de sa filmo.
Sur NETFLIX :

L'Éternaute (2025) de Bruno Stagnaro - ★★★½
A date : une saison de 6 épisodes de 44 à 68 min
Une nuit d'été à Buenos Aires, une mystérieuse chute de neige fait disparaître des millions de personnes d'un simple toucher. Juan Salvo et ses amis se lancent dans une lutte désespérée pour leur survie.
C’est adapté d’une bande dessinée des années 50 que l’auteur a ensuite refait à deux reprises, la dernière ayant une tonalité politique plus agressive, ce qui a entrainé l’enlèvement et le meurtre de son auteur et de tous ses descendants par la dictature militaire argentine durant les années 70.
Après ces informations glanées sur Wikipédia, revenons à cette adaptation.
C’est une série de science-fiction où le monde bascule du jour au lendemain suite à une tempête de neige mortelle. Les premiers épisodes impressionnent car, après la stupéfaction provoquée par ce phénomène mortel, l’anarchie totale s’installe et ce sont bien sûr les hommes qui deviennent bien plus dangereux pour les rares survivants.
Ne connaissant pas l’histoire originale, j’ai été surpris par la tournure prise par la suite, mais ces nouvelles menaces se montrent in fine cohérentes et très satisfaisantes.
Sur ARTE.TV :

Un jeune homme de bonne famille (2026) de Sébastien Lifshitz - ★★★½
Avertissement : les images d’archives de ce documentaire sont réservées à un public adulte.
Ce nouveau documentaire de Sébastien Lifshitz ("Adolescentes", "Petite fille", “Madame Hofmann”,…) dresse un portrait intime et émouvant de la vie de cet homme de 80 ans.
De son enfance mouvementée (son père disparaît de sa vie, sa mère le place chez sa grand-mère) à une adolescence difficile (revenu vivre chez sa mère, il s’entend très mal avec son beau-père), Claude Loir va peu à peu découvrir son homosexualité dans une France des années 60 où celle-ci est encore pénalisée.
Diverses images d’archives viennent appuyer son témoignage poignant, qu’il parle de ses premières aventures, de ses coups de foudre ou des relations exsangues entretenues avec ses parents.
Pendant l’âge d’or du cinéma X en France, Claude Loir va enchaîner les rôles pour des films X gay mais aussi hétéros, transformant peu à peu ce « jeune homme de bonne famille ».
Sur France.TV jusqu’au 24 juillet :

La Famille Asada (2020) de Ryôta Nakano - ★★★
Dans la famille Asada, chacun a un rêve secret : le père aurait aimé être pompier, le grand-frère pilote de formule 1 et la mère se serait bien imaginée en épouse de yakuza ! Masashi, lui, a réalisé le sien : devenir photographe. Grâce à son travail, il va permettre à chacun de réaliser que le bonheur est à portée de main.
J’avoue avoir eu un peu de mal avec le premier tiers, je me demandais franchement où voulait aller cette chronique familiale sur une famille atypique.
Puis, lorsque son personnage principal s’impose et qu’il trouve sa voie, le film s’envole et propose une seconde partie très réussie.
Bonne journée,
Matthieu.
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