Bonjour,
J’espère que vous vous portez tous bien.
Voici quelques suggestions de films / série / documentaire à visionner cette semaine.
Toujours pas de coups de cœur formels cette semaine, sinon il y en aurait trop dans cette catégorie…
Sur NETFLIX :

007 (1962 à 2015) - ½ à ★★★★½
“Mon nom est Bond, James Bond.”
N’y allons pas par 4 chemins, la saga 007 est ma franchise cinématographique préférée, les films sont gravés au fer rouge dans ma mémoire depuis l’école primaire.
J’ai vu chacun des volets 4-5 fois minimum (oui, même toi “GoldenEye” que je déteste), certains bien plus, et je les revois chaque fois avec un plaisir non dissimulé.
Depuis le 21 janvier la quasi intégrale de la saga (ne manque que le tout dernier, “Mourir Peut Attendre”) a débarqué sur Netflix.
Si vous êtes abonné(e) à cette option, tous les films sont proposés en 4K, et « Jamais Plus Jamais » (volet non officiel avec Sean Connery, sorti en 1983 grâce à une faille juridique dans les droits du roman « Opération Tonnerre ») est même inclus !
Je ne vais pas vous vanter les qualités de chaque film, mais vous donner quelques conseils de visionnage de la saga :
Si le fait de vous lancer dans un marathon 007 ne vous fait pas peur, l’idéal est bien sûr de regarder tous les films dans l’ordre chronologique de leur production : on peut ainsi mieux profiter de l’évolution du personnage et de l’influence de son époque sur la réalisation, la musique ou les thèmes abordés.
Si vous désirez seulement voir les Daniel Craig, attention il faut surtout les voir dans l’ordre, car les 5 films ont un arc narratif très complet. “Quantum of Solace” démarre ainsi dans les minutes suivant la fin de “Casino Royale”, tandis que “Mourir Peut Attendre” (disponible sur la VOD d’ORANGE) est difficilement compréhensible si l’on n’a pas vu “SPECTRE” avant (je l’ai d’ailleurs réévalué car ces deux derniers films sont les faces d’une même pièce).
Si vous voulez faire découvrir la saga à vos enfants, s’ils sont assez jeunes je vous déconseille les Daniel Craig et surtout “Permis de Tuer” qui pousse la violence assez loin (il y a plus de 20 ans j’avais dû importer le DVD américain car celui français était censuré). Personnellement j’ai commencé avec mon fils par “On ne vit que deux fois” car c’est mon préféré et il est très spectaculaire, puis j’ai revu avec lui les Sean Connery à rebours avant de commencer par les derniers Roger Moore.
Et si vous désirez juste regarder une poignée, je vous conseille plus particulièrement “Goldfinder”, “On ne vit que deux fois”, “Au Service Secret de sa Majesté”, “Vivre et Laisser Mourir”, “L’Espion qui m’aimait”, “Rien que pour vos Yeux”, “Casino Royale” et “Skyfall”.

Train Dreams (2025) de Clint Bentley - ★★★½
Au début du XXe siècle dans une Amérique en pleine évolution, Robert Grainier, un homme doux et discret, travaille comme bûcheron lors de longues campagnes d'abattage qui donnent lieu à de longues séparations d'avec sa femme Gladys et leur fille.
Si les premières images et la voix-off lancinante font immédiatement penser aux œuvres de Terrence Malick, le film s'en éloigne rapidement que ce soit sur la forme (pas de plans tournés avec un objectif grand-angle de façon abusive) et le fond (le scénario est bien présent et facilement compréhensible, il vient d’ailleurs de recevoir une nomination aux Oscars pour “Meilleur scénario adapté”).
C'est un grand film humaniste sur la vie de labeur et d’honnêteté d'un bucheron, narrant en second plan la révolution industrielle du début du 20ème siècle aux États-Unis.
Les images sont superbes, le rythme est extrêmement posé mais évite la langueur, l'interprétation toute en retenue de Joel Edgerton force le respect (mais le reste du casting n'est pas en reste).
Profitez-en, pour une fois un drame de qualité ne dépasse pas les 1h35 si on exclut le générique de fin !

Jigra (2024) de Vasan Bala - ★★★
Quand Ankur est emprisonné à tort et condamné à mort dans un pays étranger, sa sœur Satya, animée d'une détermination sans faille, s'active pour le faire évader.
Il y a un petit parfum de "Previously on Prison Break" dans ce film hindi, mais cette fois-ci vu d'une personne extérieure à cette prison de haute sécurité qui tente de faire évader son frère condamné à mort suite à une machination.
Formellement cela m'a paru étonnamment sobre face aux films tamouls que j'ai pu visionner ces dernières années, même si les scènes d'action frôlent souvent avec le grotesque tout en restant très efficaces.
Donc les 2h30 passent vraiment bien, le rythme se maintient tout du long, et le résultat s'avère très sympathique.
Sur CANAL+ à la demande :

On Ira (2025) de Enya Baroux - ★★★
Marie, 80 ans, en a ras le bol de sa maladie. Elle a un plan : partir en Suisse pour mettre fin à ses jours. Mais au moment de l’annoncer à Bruno, son fils irresponsable, et Anna sa petite-fille en crise d’adolescence, elle panique et invente un énorme mensonge. Prétextant un mystérieux héritage à aller chercher dans une banque suisse, elle leur propose de faire un voyage tous ensemble.
C’est une comédie dramatique surfant sur un sujet de société (le suicide assisté donnant le droit de mourir dans la dignité) qui est arrivé très tardivement devant notre parlement.
Les moments comiques touchent généralement leur cible, la partie dramatique réussit à ne pas verser dans le pathos tout en restant émouvante.
Les personnages sont joliment définis, chacun a droit à son parcours émotionnel le long de ce road-movie.
C’est surtout très bien interprété, que ce soit David Ayala en père totalement paumé, Pierre Lottin en auxiliaire de vie un brin lunaire, et surtout une Hélène Vincent encore très touchante (après le dernier Ozon) sur le thème de la vieillesse.
Sur ARTE le dimanche 25 janvier à 21h (et en replay sur ARTE.TV jusqu’au 31 janvier) :

Les Fils de l'homme (2006) de Alfonso Cuarón - ★★★★
Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection.
Après son “Gravity” diffusé la semaine dernière, voici une autre pièce majeure de la filmographie de Alfonso Cuarón.
Si pour vous un film doit nécessairement rimer avec joie et bonne humeur, passez votre chemin car voici une vision sombre et pessimiste de notre société, impeccablement écrite et mise en scène, dont les nombreux plans-séquence sont restés gravés dans la mémoire des cinéphiles.
Ce film fête cette année ses 20 ans et se déroulait en 2027 : heureusement nous sommes encore loin de cette société nihiliste, mais dont on a cependant l’impression qu’il n’y a qu’un pas pour y basculer.
Sur FRANCE.TV jusqu’au 21 février :

Une Femme Fantastique (2017) de Sebastián Lelio - ★★★½
Orlando partage sa vie avec Marina, sa compagne transgenre, chanteuse dans un cabaret. Pour son anniversaire, il l'invite aux chutes Iguazú, l'une des sept merveilles naturelles du monde, situées au Nord de l'Argentine. Cependant, le soir même, Orlando fait un malaise qui lui est fatal. La famille du défunt, mais aussi la police, s'en prennent à Marina.
J’ai beaucoup apprécié le parcours de cette femme transgenre face à l’homophobie de la famille de son défunt compagnon.
C’est réalisé avec finesse et le rôle-titre est excellemment interprété.
Sur PARAMOUNT+ :

Zorro (2024) de Benjamin Charbit et Noé Debré - ★★★½
8 épisodes de 35 à 40 min.
En 1821, Don Diego de la Vega devient maire de sa bien-aimée ville de Los Angeles qu’il compte bien faire prospérer. Cependant, la municipalité est confrontée à des problèmes financiers du fait de l'avidité d'un homme d'affaires local face auquel les pouvoirs du maire s’avèrent insuffisants pour combattre l’injustice. Diego n'a pas fait appel à son double Zorro depuis 20 ans. Mais au nom de l’intérêt général, il n'a plus d'autre choix que de ressortir son masque et son épée.
Si j’avais bien sûr mis de côté cette mini-série depuis sa diffusion à la rentrée 2024, ce n’est que tout récemment que nous l’avons visionnée avec les enfants.
Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre (la moyenne “spectateurs” d’Allociné est peu avenante…), mais le résultat fut une très bonne surprise !
On nage certes en plein style comique, et ceci pourrait faire tiquer les fans de Guy Williams (qu’ils aient découvert la série sur l’ORTF ou comme moi via le créneau réservé aux programmes de Disney le samedi soir sur FR3).
Si ce ton comique est loin d’être aussi poussé que sur les “OSS 117”, il se base tout de même sur des quiproquos, des joutes verbales, des parallèles avec notre société actuelle, ou des gags visuels.
Il faut donc être réceptif à ses aspects pour pleinement apprécier ces nouvelles aventures de Zorro, mais le scénario offre une belle évolution des personnages, tandis que la mise en scène se montre soignée et se déroule dans de somptueux décors.
Au-delà de l’aspect créatif, c’est sincèrement le travail sur l’interprétation qui m’a le plus enjoué !
Jean Dujardin est parfait dans ce double rôle, je ne connaissais que très mal Audrey Dana mais elle m’a vraiment impressionné, Grégory Gadebois excelle en Sergent Garcia philosophe tandis qu’Eric Elmosnino se montre d’une perfidie sans pareille.

6 Days to Air: The Making of South Park (2011) de Arthur Bradford - ★★★★
Après vous avoir présenté les saisons de South Park diffusées en 2025, ce documentaire de 42 min offre un panorama complet des coulisses de la production d’un épisode, de la création du scénario à l’enregistrement des voix, des premiers storyboards à la phase d’animation.
Si pour certains cela ne représente qu’un making-of classique, il faut toutefois prendre en compte le titre même de ce documentaire : à cette époque les épisodes étaient produits sur une période de 6 jours, créant une émulation et une urgence totalement inédites dans le domaine de l’animation.
Si les délais semblent s’être un peu allongés ces dernières années, il n’en demeure pas moins que ce calendrier demeure extrêmement serré, les producteurs ayant même été dans l’incapacité de respecter la date de diffusion d’un épisode à l’automne dernier.
Sur la Vidéo à la Demande d’ORANGE :

Valeur Sentimentale (2025) de Joachim Trier - ★★★½
Agnes et Nora voient leur père débarquer après de longues années d’absence. Réalisateur de renom, il propose à Nora, comédienne de théâtre, de jouer dans son prochain film, mais celle-ci refuse avec défiance.
Une très jolie variation sur le thème du père absent qui, au crépuscule de sa vie, tente de renouer avec ses enfants.
La réalisation m’a paru très inspirée, mais c’est assurément l’interprétation qui m’a laissé le plus enthousiaste, plus particulièrement celles de Stellan Skarsgård & Renate Reinsve qui réussissent souvent à faire passer toute une palette de nuances dans leurs émotions à travers leur simple regard.
Le scénario est également très intéressant, réussissant à dresser le portrait d’une famille dysfonctionnelle en parallèle des tentatives d’un réalisateur de 70 ans de mettre en chantier un dernier film.
Bonne journée,
Matthieu.
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